Questions à François et Guillaume

François, t’attendais-tu à un tel Dakar, pour ton premier ?
François Lurton : « C’était plus dur que je ne le pensais. En réalité, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je n’y avais ni réfléchi et encore moins imaginé. J’étais resté sur mon souvenir de jeunesse en Afrique ! Avec le Buggy, le sable fut ma hantise. Finalement, ce fut beaucoup de cailloux et une orgie de fesh-fesh ! »
Es-tu surpris par la façon de t’en être sorti et d’avoir fait face aux situations les plus difficiles ?
« J’ai surtout été pris dès le départ d’un excès de confiance. Si, j’y étais allé un peu moins « vent du bas », si j’avais eu un peu moins confiance en moi, j’aurais commis moins d’erreurs ! »

Qu’as-tu appris durant ce Dakar ?
« A gérer les dunes. A m’arrêter et à regarder le terrain avant d’attaquer. J’ai appris à écouter mon copilote (Guillaume Martineau), à lui faire confiance. »

Comment as-tu perçu la vie de raider : bivouac, tente, cantine, nuit courte ?
« Je n’ai pas eu à m’adapter. J’ai pris les choses telles qu’elles se présentaient. Aucun problème… Quant au sommeil, j’avais fait le plein avant le départ… »


Quel a été le moment le plus difficile de ce Dakar ?
« Il y en a un certain nombre. Tout seul dans les dunes, à Fiambala, ce fut le cauchemar ! J’y ai passé 3 heures. Je me suis endormi sur une plaque de désensablage en attendant Guillaume puis, j’ai imaginé qu’un puma pouvait venir me dévorer… »

Et un bon souvenir ?
« A Fiambala encore, nous avons grimpé une énorme dune avant de nous planter. Avec Guillaume, nous nous sommes éclatés en surfant de dune en dune avec le Buggy. Je me sentais bien et j’ai apprécié ce grand moment de pilotage.
Un autre : c’était autour de Copiapo, le paysage était grandiose et beau, on s’est régalé ! Un dernier : l’arrivée à Antofagasta après une nuit dans le désert. J’ai roulé comme un « fou » dès le lever du jour et avec la fraîcheur pour rentrer au bivouac. C’était aussi grisant pour Guillaume, que pour moi. »

Une complicité plus forte s’est-elle construite avec Guillaume, ton copilote et professionnellement ton œnologue ?
« Non. Nous avons conservé le respect mutuel que nous avons sur le plan professionnel. Nous avons été suffisamment intelligents pour ne pas nous engueuler. On s’est balancé deux ou trois réflexions à chaud, mais sans incidence. Sur ce genre d’épreuve par sa longévité et sa dureté, les risques de disputes sont habituels. »

Quelle leçon as-tu apprise sur le Dakar et te reverra-t-on l’an prochain sur l’épreuve ?
« Si c’est le cas, la voiture sera préparée différemment pour le sable ! La boule qui m’a tenaillé le ventre chaque matin avant une étape sablonneuse aura certainement disparue. Deux solutions : je repars en 2011 sur un Buggy 2 roues motrices ou je m’essaye au 4x4. »


Le Dakar a-t-il agi sur ta personnalité et la vision des choses a-t-elle changé à tes yeux ?
« Il est un peu tôt pour le dire. Je pense être capable maintenant de relativiser davantage en donnant moins d’importance aux petits tracas du quotidien, en laissant couler… »


Guillaume MARTINEAU
 

T'attendais-tu à vivre un tel Dakar ?
« Je me faisais une idée forcément des lieux  parce que je les connaissais depuis  l'an dernier… mais l’idée était vague. On ne peut pas s'imaginer par contre, du côté course ! »
 
Est ce que tu es surpris de la façon dont tu as géré les situations difficiles ?
« J’ai un caractère adapté à toutes les situations et à les surpasser. Je suis surtout surpris de la robustesse de la voiture, de voir comment elles sont capables de surmonter des obstacles infranchissables. »
 
Qu'a tu appris de nouveau ?
« Qu'il fallait démarrer tous les jours avec beaucoup d'humilité et à aucun moment se sentir en terrain conquis même quand tout va bien ! »
 
Comment t'es- tu adapté à la vie du Dakar ?
« En fait, je ne l'ai pas trop vécu, étant plutôt du genre à arriver très tard ! Le bivouac était super bien organisé, beaucoup mieux que l'an  dernier. Il y avait une super ambiance au sein de notre équipe. Nous nous sommes fait beaucoup d'amis rencontrés sur les spéciales et dans les moments difficiles. Le bivouac lorsque nous en profitions, était plutôt facile et agréable à vivre. »
 
Quel a été le pire moment ?
« La dernière spéciale, peu facile, à 100 km avant l'arrivée, le Buggy commençait à lâcher petit à petit, je ne savais pas si il irait jusqu'à la ligne d'arrivée par ses propres moyens ! »
 
Quel a été le meilleur moment ?
« Les étendues de sable absolument extraordinaire, on avait l'impression de surfer dans des vallées de dunes ! Et bien sûr le podium, nous étions portés par un bain de foule, c’était euphorique ! »
 
Le moment dont tu es le plus fier ?
«  Celui de trouver un camion après 3 heures de marche dans les dunes et de nuit. Personne n'était censé être dernière nous puis, convaincre pour venir nous sortir de notre trou entre 2 dunes ! »
 
Une complicité plus forte s’est-elle construite dans l’équipage ?
« Il s'est installé une compréhension et une écoute de l'autre. »
 
 Le Dakar va-t-il changé la façon de voir les choses ?
« C'est une épreuve difficile, extrême, mais je reste malgré tout moi-même. Si nous avons accompli quelque chose de grand, je n'ai pas l'impression que cela fait de moi un homme plus fort… »


ad

CLASSEMENT

PARTENAIRES

Personnalisez votre site

Mixxmag
prev next