Team Oméga : de grands hommes ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-01-2007

Michel, les deux Jean-Marc, Joël, Luc, Franck et Yann… sept hommes dont le courage, l'obstination, le surpassement… furent du journalier. Des hommes et des têtes, des jambes et des bras qui sans relâche ont repoussé tous les pièges de l’Afrique, ont déplacé des dunes, mangé des cailloux…au point d’en redemander. 

Obsession du devoir bien fait, outrepasser tous les pièges tendus, surmonter les galères mécaniques, arriver de jour comme de nuit… le salaire du team Omega au cours de cette 29ème édition du Dakar. 

Des hommes étonnants, reconnaissants, surprenants, poussés par le vent de sable, poussés par cette envie d’avancer chaque jour et de découvrir au fil des jours les pays qui leur avaient tourné lâchement le dos au cours de la précédente édition.

Michel Turon-Barrère au volant du Buggy Seat, Jean-Marc Despujols derrière celui du Toyota ; Jean-Marc Monbeig et Joël Clévenot les navigateurs, le nez plongé dans les notes et sur les éléments de la navigation, zéro droit à l’erreur… l’image journalière du Team Omega.

Et durant les spéciales, le camion d’assistance de Luc, Franck et Yann arrive ponctuellement chaque jour sur chaque bivouac. Encore trois hommes, dans l’attente engagés dans le rallye de la patience… au courant de rien sur la route qui les mène de ville en ville. Des heures à tuer, des heures durant lesquelles les nerfs montent en équation avec la température ! Ils ne se dérideront qu’à l’arrivée du Buggy n° 364 qui déboule poussiéreux et parfois boueux. Le Toyota n’est jamais loin. C’est aussitôt l’échange, la narration du bon et du moins savoureux, la liste des problèmes mécaniques rencontrés le long de l’étape. Déjà dans leur « bleu » de travail, les hommes de la technique se mettent au travail aux dernières lueurs du soleil, ils termineront à celles des lampes frontales.

La poussière du bivouac tapisse le décor. Les groupes électrogènes deviennent très vite des sons musicaux, les tubes de la nuit… c’est un balai de motos, de voitures et de camions qui rentrent, cherchent leur assistance dans le bivouac qui s’étend en longueur et en largeur.

De Nador, jour du débarquement du Dakar au lac Rebja (rose en africain) en passant par la froidure de Er Rachidia puis celle de Ouarzazate (où on a failli les perdre) puis, Tan-Tan, le Maroc était définitivement consommé. Zouérat puis Atar en Mauritanie, journée de repos, premier objectif atteint.

La reprise sera corsée jusqu’à Tichit, étape qui aura absorbé l’équipage camion mené par Michel Boucou, Serge et Armand, pont cassé. Néma encore, Ayoun en liaison puis Kayes (Mali) - Tambacounda et la délivrance à Dakar au Sénégal. La boucle est bouclée, la mission est accomplie.

Facile de rouler si vite d’une ville à l’autre sur une feuille blanche surtout quand ces sept gars, exemplaires dans l’effort, remarquables moralement et préparés physiquement… atteignent le Lac rose. Ils en ont tant rêvé ! Normal que les larmes coulent sur leurs joues vides. Normal aussi que ces hommes ne puissent pas encore se quitter, après avoir vécu une si douloureuse aventure surmontée… Il leur faudra du temps, celui de digérer, celui de réaliser tout en plongeant dans le quotidien qui les attend. Le retour à la réalité est bien plus difficile que les galères vécues à grands coups de pelles dans les quelques dunes du Maroc ou de Mauritanie.

Ils se doivent de revenir sur le Dakar. Ils en ont envie et besoin. Pour leur troisième participation, leur objectif sera différend : ils pourront jouer classés, dans les quarante premiers de ce Dakar sélectif, impitoyable pour les hommes, effrayant pour les machines.

Le Team Omega a marqué cette édition par sa combativité – il a reçu ce prix décerné par Auto Hebdo – celui du Fair-Play TOTAL qu’il a également arraché en raison de son esprit sportif et celui du partage. Le Dakar a besoin d’hommes de cette dimension, empreint de cet esprit qui anime les purs et vrais amateurs que cherchaient son créateur Thierry Sabine.

Chapeau Messieurs ! Merci de nous avoir rappelé les valeurs de la vie, d’avoir dénudé quotidiennement votre courage en vous surpassant. Grand merci du fond du cœur de m’avoir associée à votre merveilleuse aventure humaine, hors du commun comparativement à celle des pilotes d’usine, refait à neuf chaque jour. Vous n’avez rien à leur envier ! Restez vous-même.

Marie-France Estenave

 

 
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